Le clochard au 360

Interview de Hicham Aboumerrouane sur l’émission “Toit et moi” au 360

Hicham Aboumerrouane auteur de l’oeuvre “Le clochard” et “ça cloche” est l’invité du journal Le 360.

Le clochard au 360…

Hicham Aboumerrouane auteur de l'oeuvre "Le clochard" donne une interview au 360
Hicham Aboumerrouane…Le clochard au 360

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Hicham Aboumerrouane auteur de l’oeuvre “Le clochard” est l’invité du journal Le 360

Le clochard au 360…

Interview de Hicham Aboumerrouane au 360 , par Rania Laabid.

Le360 : Hicham Aboumerrouane, nous vous souhaitons la bienvenue.

Hicham Aboumerrouane : Merci.

Le360 : Hicham, Tu es un jeune écrivain de 28 ans.

Hicham Aboumerrouane : Oui

Le360 : Tu viens de sortir deux recueils, qui font partie de la même œuvre « Le clochard » et « Ça cloche » aux éditions la lettre peinte, qui est ta propre maison, si j’ai bien compris. 

Hicham Aboumerrouane : Exactement.

Le360 : Qu’est-ce que tu peux nous dire sur ces deux recueils ?

Hicham Aboumerrouane : Alors, d’abord, quand on me pose la question, on me dit c’est un livre je réponds que non, je dis plutôt que c’est une littérature ou un être littéraire. Une façon pour moi de considérer l’en soi des choses et des êtres. Alors je m’explique sur ce point, puisque l’occasion m’est donnée de le faire. Nous avons d’un côté « Le clochard » qui est le livre essentiel, qui traite d’une espèce de littérature essentialiste, et là je vais pouvoir enfin apporter une définition de ce que c’est que le clochard, puisque de beaucoup se trompent. C’est loin d’être celui de la rue, mais il y participe d’une certaine manière. Nous avons, d’un côté le clochard des rues, qui est au bout de sa rue ou bien au bout de sa bouteille, qu’un mur renvoie à un autre, qui est dans cet état de choses. Puis, nous avons le clochard, celui de l’église, qui tire les cloches de l’église, qui est au bout de sa cloche. Alors, l’un est au bout de sa rue, l’autre est au bout de sa cloche, il serait bien de créer quelqu’un qui soit au bout du verbe, et c’est le clochard que j’ai créé.

Le 360 : Tu as choisi donc des textes accompagnés de peintures à l’huile, comment peux-tu expliquer ce choix ?

Hicham Aboumerrouane :Alors, c’est vrai que la forme est un peu nouvelle, pour la forme et pour le contenu. D’abord, tu viens de préciser, ce sont des textes courts, ce sont des fragments, doublés de peintures à l’huile. L’idée du départ, c’était de multiplier les moyens d’expressions qui me sont donnés. Au début, c’était sensé être que des textes, mais j’ai vu que ce n’était pas suffisant. Comme je touchais un peu à la peinture, même si l’objet principal du livre demeure l’écriture, je me suis dit tiens pourquoi ne pas s’y essayer ? c’est vrai que, d’abord, c’est la première fois que je vais des textes à la peinture. D’habitude, c’est la chose contraire qui opère. Ou bien c’est dans un va et viens. Il faut dire que ce n’est pas la première œuvre que j’ai écrite, j’en ai écrit une, mais qui n’est pas encore publiée. J’ai vu que la peinture me permettait d’inspirer ma plume. De me faire voir autre chose qu’une simple encre. 

LE360 : Est-ce que chaque peinture complète le texte à côté ?

Hicham Aboumerrouane : Oui, alors des fois elle le complète, des fois elle en apporte autre chose, mais des fois elle peut lui porter préjudice. C’est dans cet esprit de chose que l’œuvre est conçue. Si tu as bien fait allusion à la peinture, il y a l’interprétation, puisque c’est  l’apothéose à laquelle  j’ai pu atteindre. Ça veut dire que même avec la peinture, j’ai vu que ce n’était pas assez. Je me suis dit tiens, pourquoi ne pas m’essayer à une espèce d’interprétation, que j’ai faite par moi-même, pour ramener plus de lumière et d’action sur l’œuvre. Disons, et j’ouvre la parenthèse, que la chose la plus difficile avait été d’écrire les fragments. Je ne dis pas que les choses qui s’en sont suivies étaient simples…

Le360 : Alors parle-nous un peu plus de l’écriture.

Hicham Aboumerrouane : D’abord la littérature que je professe n’est pas la littérature des ombres. C’est une littérature physique, essentialiste. Une littérature…comment dirai-je..vraiment pressée par l’abdomen. Quelque chose de..si vous voulez il y avait Nietzche qui philosophait au marteau,  j’ai essayé une littérature au marteau. Ce sont des écritures-révélations, on va dire ça comme ça. De graves questions se posent après coup. D’où nous vient tout ça ? Aligner trois, quatre phrases, en l’espace de trois heures, quatre heures, puis la question de la provenance reste ouverte…

LE360 : Ces livres-là, tu les as édités toi-même, est-ce par faute d’avoir trouvé une maison d’édition ? Ou avais-tu créé ta maison bien avant ?

Hicham Aboumerrouane : A vrai dire, il y a déjà eu une maison d’édition qui m’a proposé de les éditer, mais j’ai préféré faire le premier pas, et de les éditer par moi-même. Je me suis dit, j’ai fait le chemin le plus long, le plus difficile, ce serait plutôt facile de donner à quelqu’un d’autre d’éditer cette chose qui me tient à cœur. Je me suis dit non, il te reste ça, tu le fais.

LE360 : Qu’est-ce que ça aurait changé ?

Hicham Aboumerrouane : Déjà, je veux que ça m’appartienne en premier. Je veux être loin de toute manipulation publicitaire ou autre.

LE360 :Donc, ces deux petits bijoux coutent 600 DHs ? C’est un peu cher non ?

Hicham Aboumerrouane : C’est cher oui. D’ailleurs, c’est la raison qui fait que de beaucoup s’abstiennent. Mais tu sais, ici au Maroc, c’est un secret de tous connu, comme dirait Baudelaire, les gens ne s’intéressent pas beaucoup au fait littéraire. Que ce soit des livres à 20 ou 600 DHs…

Le 360 : Donc, tu t’es dit autant…

Hicham Aboumerrouane : C’est parce que j’ai fait une petite estimation personnelle, et je me suis dit tiens ça mérite. Ça mérite, parce que, d’abord il y a trois choses qu’on vient de citer et qui sont complémentaires, il y a l’écriture, il y a la peinture, il y a l’interprétation audiovisuelle.

LE 360 : Et les peintures sont d’ailleurs très jolis.

Hicham Aboumerrouane : Je te remercie.

Le360 : C’est un livre un peu OVNI, si j’ose dire ça comme ça…

Hicham Aboumerrouane : Oui mais c’est parce que c’est une façon de corriger un peu le chemin qu’avait pris la littérature. De beaucoup, de notre temps, considèrent que la littérature est une affaire de babillage, de racontage, alors que ces choses-là n’ont pas lieu d’être dans la sphère littéraire. On peut très bien raconter une histoire sans avoir besoin d’une dite littérature. Il y’en a qui se disent littéraires, mais on ne comprend pas le chemin. Il y en a qui prennent la littérature pour une espèce d’histoire, et ça ne m’intéresse pas beaucoup. Comme dirait Céline s’il suffisait d’inventer une histoire gratuite…. C’est là que j’ai compris, quand il parlait de sa façon d’écrire, il disait « il faut mettre sa peau sur la table ». je l’ai compris sur le tard, mais je l’ai compris. Ça veut dire qu’il faut payer. Il disait qu’il payait au cash, non pas au simili. Ça veut dire que ce qu’on raconte doit avoir une part de vérité. Ça ne m’intéresse pas de créer des histoires. Puis il y’en a qui ont pris la littérature du point de vue de l’idée, ça ne m’intéresse pas non plus, puisque cela participe plutôt d’une quelconque philosophie. Elle a plus droit à ça qu’autre chose. La littérature m’intéresse du moment qu’on commence à parler du style, comme ce qu’on a pu voir avec Céline. Meilleur écrivain du 20èmesiècle.

Le 360 : Quels sont tes auteurs préférés, mise à part Céline et Nietzsche.

Hicham Aboumerrouane : juste pour revenir… Le style, est pour moi, intéressant, mais pas suffisant, il ne suffit pas d’agencer des mots qui sonnent bien ensemble, ou de trouver une telle structure pour que cela plaise. Il faut que cet agencement de mots, que cette folie littéraire si je puis dire puisse déboucher sur des états nouveaux, sur des choses nouvelles. Pour enrichir un peu la vie, car comme je dis dans la présentation du personnage « Le clochard », la vie est pauvre, il faut l’aider. 

Le 360 : Est-ce que tu parles comme ça dans la vie de tous les jours ?

Hicham Aboumerrouane : Ça m’arrive, cela dépend avec qui…

LE360 : Est-ce que tu es conscient que tu as un style un peu particuler ?

Hicham Aboumerrouane : Oui, je sais et cela m’a d’autant plus été confirmé par des lecteurs qui m’envoient des messages, me disent, on n’arrive pas à suivre… puis je réponds : Depuis quand la littérature était une matière à compréhension. Parce que c’est ça le problème, on croit que la littérature, c’est fait pour être compris. Si vous voulez comprendre, achetez les journaux, achetez autre chose.

LE360 : Est-ce qu’il y a des sujets qui t’interpellent dans la vie plus que d’autres ?

Hicham Aboumerrouane : Le sujet dans lequel nous sommes déjà, le sujet littéraire. Malheureusement, dans ma conception, c’est une construction d’esprit qui s’est faite. Je ne vois pas si c’est un cas heureux ou malheureux mais entre la vie et la littérature il y a tout un fossé. Déjà si on va pour la littérature, c’est que la vie, non pas qu’elle ne nous réussit pas beaucoup, mais que la conception que l’on a de la vie n’est pas celle que l’on veut.

LE360 : D’autres projets à venir? 

Hicham Aboumerrouane : Je suis sur un court-métrage, doublé d’un recueil de poésie, mais ce livre-là a pris le dessus, je ne sais par quel miracle, je n’arrive pas à me l’expliquer. 

Le360 : Merci beaucoup Hicham

Hicham Aboumerrouane : Je vous en prie !

Le360 : A bientôt ! 

Lien vers l’interview de Hicham Aboumerrouane

http://fr.le360.ma/culture/toit-et-moi-ep47-hicham-aboumerrouane-voici-pourquoi-le-clochard-vaut-600-dh-117029?fbclid=IwAR2REYFlFtX5ec89KL26-_-DWiuoKrOpRFWLF5WlOzyMgFQnIiT0Dk5_EjY

Le clochard au 360…

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